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POLITIQUES ECONOMIQUES


UNE FENÊTRE D'OPPORTUNITÉS AU COURS DE LA PROCHAINE DÉCENNIE AU BURKINA FASO : COMMENT EN PROFITER ?

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La première édition des assises nationales des jeunes économistes du Burkina Faso, du 20 au 21 novembre à Ouagadougou, a contribué à relever les « défis économiques du renouveau démocratique au Burkina Faso » et la « contribution attendue de la jeunesse à l’agenda post-transition ». Ces assises ont mobilisé des jeunes et seniors du monde académique et professionnel représentant des organisations de jeunesse, des directions techniques des administrations publiques, parapubliques et des institutions sous-régionales et internationales, des associations sœurs venant du Mali, du Niger et de la Guinée Bissau, des représentants de partis politiques, des activistes de la société civile, des chercheurs, et étudiants. En tout, plus de 200 personnes ont pris part à ces assises.

 

La fenêtre d’opportunités ou le dividende démographique qu’est-ce que c’est?

La jeunesse est à la fois une contrainte et une opportunité pour le développement économique d’un pays. Lors du premier panel des assises, pendant que la banque mondiale s’interroge sur la qualité des emplois créés pour les jeunes, Dr J. F. Kobiané de l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) présente le dividende démographique comme une chaîne d’étape :

DD_CHAINE_D'ETAPE.png

Mais cette chaîne d’étape n’est pas linéaire mais se tient dans une approche holistique du développement :

DD_APPROCHE_HOLISTIQUE.png

La question fondamentale qui se pose et dont la réponse n’est pas évidente, est la suivante : où faut-il actionner la chaîne pour bénéficier de la fenêtre d’opportunités (dividende démographique) ?

 

En tout état de cause, le Burkina pourrait faire face à une fenêtre d’opportunités au cours de la décennie à venir (voir figure ci-dessous).

DD_FENETRE_D'OPPORTUNITES.png

Comment et que faire ?

Au cœur de la chaine d’étape présentée ci-dessus, l’éducation et la formation apparaît comme le levier pour actionner l’ensemble de la chaîne. L’enseignement général au secondaire et au supérieur constitue un goulot d’étranglement au Burkina Faso en termes d’emploi. Les plus forts taux de chômage sont enregistrés au supérieur (20,51 %) et au secondaire dans l’enseignement général (10,45 % pour le second cycle et 9.79 % pour le premier cycle), selon l’Enquête Intégrale sur les Conditions de Vie des Ménages de 2009.

 

Des études scientifiques corroborent ce paradoxe de l’éducation burkinabé. A travers une analyse en correspondance multiple et économétrique, Oumarou ZALLE montre que dans l’enseignement général au Burkina Faso, le chômage croît avec l’accroissement du niveau de formation.

 

L’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE), malgré les programmes, projets et fonds en cours, ne cesse de faire des propositions :

  • La prise en compte de l’emploi comme une priorité transversale dans la SCADD ;
  • La fusion des fonds de promotion de l’emploi et l’adoption d’un mécanisme de suivi-évaluation ;
  • Le renforcement de la coordination entre les différents acteurs du secteur de l’emploi, de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle ;
  • Le renforcement du dispositif institutionnel de mise en œuvre des différentes politiques visant la promotion de l’emploi ;
  • L’accroissement et l’amélioration de l’offre de formation professionnelle afin de l’adapter aux réalités de l’économie nationale ;
  • La création d’unités industrielles pour les opérateurs économiques

 

Des reformes en cours au Burkina Faso, une chance pour tirer profit de la fenêtre d’opportunités.

Le Conseil National de la Transition (CNT) a entrepris de vastes reformes après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. La SCADD qui demeure le référentiel en matière d’orientation des politiques publiques est à l’heure du bilan et des reformes.

En termes de bilan, l’accélération de la croissance n’a pas été effective. Le taux de croissance annuel moyen sur la période 2011-2014 a été de 5,92 % sur 10 % visé sur la période 2011-2015.

 

Au regard des acquis et insuffisances, l’élaboration d’un second cycle de la SCADD est en cours pour la période 2016-2020 et devrait être adopté d’ici à mars 2016. Il y a, donc, une chance pour prendre en compte les préoccupations urgentes relatives au dividende démographique dans les politiques publiques de développement.

 

Les orientations en matière de politique éducative devront renforcer les secteurs éducatifs qui ont fait leurs preuves dans l’emploi des jeunes à savoir les formations techniques et professionnelles. Certes, les orientations claires et précises devront être prises pour s’attaquer au chômage des jeunes issus de l’enseignement secondaire et supérieur. Tous s’accordent à dire que le système éducatif burkinabé doit être repensé. Et, parmi les reformes en cours issues de la Commission de la Réconciliation Nationale et des Reformes (CRNR), un fonds d’investissement pour les universités doit être créé.

 

Le secteur informel, privé n’est pas en reste dans cette dynamique de reformes. Des reformes, des programmes et projet visant à rendre ce secteur plus complétif et de plus en plus formel sont en cours. Par exemple, la création d’un modèle énergétique soutenable soutenu par un fonds d’investissement dédié à l’énergie et financé par  15 % des recettes minières pourra améliorer la compétitivité des entreprises. En plus le développement de la méso-finance  à l’endroit des Petites et Moyennes Entreprises (PME) est prôné dans les reformes de la CRNR.

 

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Abdoulaye SIRY

Les prévisions

 


26/11/2015
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LA RÉSILIENCE DES BANQUES AUX CRISES SOCIOPOLITIQUES AU BURKINA FASO


Résilience des Banques  aux Crises  Sociopolitiques au Burkina Faso

 

Abdoulaye SIRY[1]

[1] Doctorant à l’Université Ouaga II, Laboratoire d’Analyse et de Politique Economiques (LAPE), Spécialiste en management des risques et incertitudes. Email : abdoulsiry@gmail.com Blog : www.prevision-bf.blog4ever.com/

Juin 2015

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Résumé

Les banques ont, relativement, pu résister aux crises sociaux politiques récentes intervenues au Burkina Faso, au regard de l’évolution de certains indicateurs de vulnérabilité et de risque. La qualité du portefeuille de crédit bancaire s’est améliorée. Néanmoins, le système bancaire burkinabé fait face à un risque de liquidité  qui tend à s’amenuiser. Le concours des banques aux entreprises privées est resté soutenu et elles ont davantage pris des risques en finançant de plus en plus les prêts de long terme. Cette résilience des banques peut être liée à l’efficacité de la politique monétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

 

Actualité

L’économie burkinabé a été soumise à un ensemble de chocs exogènes  tels que l’insurrection populaires des 30 et 31 octobre 2014 suivie de violences civiles et pillages et des changements profonds dans l’échiquier politique du pays (FREE Afrik, 2014). L’indice synthétique de conjoncture du Burkina est passé de 2.5 points en 2013 à 1 point en 2014, selon les statistiques de la BCEAO. Cet indicateur résulte d'une synthèse algébrique des indicateurs sectoriels de l'activité économique déterminés à partir des soldes d'opinion des chefs d'entreprises. En particulier, le secteur bancaire burkinabé a été marqué par ces récentes crises sociopolitiques. Selon l’Institut FREE Afrik, le secteur bancaire et financier aurait perdu, environ, deux (02) milliards de FCFA.

Mais, en termes de perte, ces estimations sont à relativiser car une bonne partie de cet argent « même volé » pourrait revenir au système financier sous forme de dépôts. On peut, donc, se demander si les banques ont résisté à ces chocs exogènes récents au Burkina Faso. Les crises sociopolitiques récentes ont-elles influencé les risques de liquidité et de crédit dans le système bancaire du Burkina?

Les risques de liquidité et de crédit sont, entre autres, les principaux risques auxquels les banques sont confrontées. Les banques ont pour fonction principale de transformer des passifs-dépôts liquides en actifs illiquides comme des prêts, ce qui les rend foncièrement vulnérables au risque de liquidité (Armstrong et Caldwell, 2008). En principe,  « une 

insuffisance de liquidité peut tuer une banque rapidement, tandis qu'un excès de liquidité peut la tuer lentement ».

 

Des indicateurs de vulnérabilité du système bancaire

Il existe différents types d’indicateurs de risque. Relevons, principalement, quatre indicateurs, à savoir le ratio créances en souffrance sur prêts totaux, le ratio des prêts sur les dépôts, le ratio capital sur actif total et le ratio crédit de court terme sur actif total des banques. L’évolution de ces quatre (04) indices de vulnérabilité, sur la période allant de décembre 2002 à février 2015, est indiquée dans les graphiques ci-dessous.

INDICATEURS_DE_RISQUES_BANCAIRES.png

Pour suivre les commentaires de ces indicateurs cliquez ici.

 

Des moyens de gestion des risques bancaires

Les moyens de gestion des risques bancaires sont assez multiples, allant des plus simples au plus complexes. La politique monétaire de la banque centrale (BCEAO) est l’un des moyens traditionnels. La BCEAO est considérée comme un prêteur en  dernier ressort aux banques. Les graphiques 5 et 6 montrent que le système bancaire burkinabé a, récemment, eu recours au soutien de la BCEAO et du trésor public. Le crédit de la BCEAO aux banques a augmenté de 7.67 % en 2013 et de 4.89 % en 2014 en moyenne. Au dernier semestre, il s’est accru de 5.04 % en moyenne. Cela pourrait parer aux risques de liquidité dont les banques font face. Le concours du trésor aux banques a été important en 2013 (accroissement de 4.30 % en moyenne). En 2014, il s’est faiblement accru soit 0.28 % et a même baissé de 3.42 % en moyenne ce dernier semestre.

La diversification du portefeuille de crédit, la demande de garanties de grande qualité, la communication financière et la gestion du hors bilan sont d’autres moyens qui peuvent permettre de gérer efficacement les risques bancaires.

GESTIONS_RISQUES_BANCAIRES.png

A défaut de l’information sur la dynamique du secteur réel (entreprises et ménages essentiellement), les prévisions des dépôts de ces derniers permettent aux banques d’ajuster leur portefeuille de crédit. Une baisse des dépôts peut être un signal d’une « mauvaise santé » des entreprises. Ce dernier semestre, les dépôts des entreprises et particuliers ont augmenté de 1.14 % alors que ceux de l’Etat ont baissé de 3.42 % en moyenne. Dirait-on que les entreprises privées se portent mieux que l’Etat ? Peut-être !


18/07/2015
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LA BANQUE MONDIALE POUR LA PROMOTION DES INVESTISSEMENTS DANS LES INFRASTRUCTURES EN AFRIQUE

Selon le dernier rapport d’Africa’s Pulse, l’Afrique a enregistré un recul de près de 8 % en 2014 et de 0.6 % en 2015, dans la croissance des investissements.  Pour ce faire la promotion des investissements publics et privés, notamment dans les infrastructures demeure une priorité. Des recommandations de la Banque mondiale, il est urgent de mettre en œuvre les réformes visant à améliorer les institutions qui promeuvent la croissance du secteur privé,  à développer les marchés financiers internes et à améliorer les infrastructures.

Albert G. ZEUFACK, Economiste en chef de la Banque Mondiale pour la région Afrique

 

Ces recommandations se justifient dans un contexte où la croissance économique en Afrique subsaharienne, certes en cours de rebondissement en 2017 (prévisions de 2.6 %), est toujours « rongée » par la croissance démographique. En plus, l’environnement international est marqué par des risques associés au durcissement des conditions de financement sur les marchés mondiaux, à une amélioration « timide » des prix des matières premières et à la montée du protectionnisme.

 

Au niveau interne, l’inadéquation des réformes, l’accroissement des menaces sécuritaires ponctuées d’incertitudes politiques entravent le développement en Afrique. Par exemple, on note une inefficacité chronique dans le secteur des infrastructures : avec des dépenses bien inférieures au niveau prévu, des faiblesses dans la sélection, l’évaluation et le suivi des projets d’investissement.

 

Conférenciers en direct de Washington (visioconférence)

 

Même si les économies comme celles du Nigéria, de l’Afrique du Sud et de l’Angola sont en passe de renouer avec la croissance, après les péripéties de 2016, la plupart des économies exportatrices de pétrole restent confrontées à des difficultés économiques. Le cas de certains pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) est notoire. Le rapport estime que sept pays à savoir la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie sont des économies plus résilientes avec une demande intérieure plus dynamique. Ces pays auraient des taux de croissance annuels supérieurs à 5.4 % entre 2015 et 2017. Les estimations pour la Côte d’Ivoire devront être revues à la baisse avec la chute actuelle des cours du cacao.

 

Participants de Ouagadougou en visioconférence

 

Les perspectives économiques pour l’Afrique sont assez bonnes, surtout pour les pays exportateurs de métaux précieux et les pays moins dépendant des matières premières. Pour Africa’s Pulse, la croissance globale devrait passer de 3.2 % en 2018 et à 3.5 % en 2019. Ces taux de croissance économique devraient être soutenus par les investissements notamment dans les infrastructures énergétiques, de transport, d’eau et d’assainissement. Des investissements dans ces secteurs pourraient permettre à l’Afrique de rattraper son retard par rapport au reste des pays en développement dans le domaine des infrastructures. Le boom dans le secteur des télécommunications est un exemple à suivre.

 

Par Abdoulaye SIRY

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21/04/2017
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