PREVISIONS

PREVISIONS

LA FIN DE L’ERE DE L’OR ET DU PÉTROLE ? : Prévisions pour le premier trimestre 2016

https://static.blog4ever.com/2013/03/734164/artfichier_734164_5349101_201512140642884.jpg

Abdoulaye SIRY, février 2016

Doctorant à l’Université Ouaga II, Laboratoire d’Analyse et de Politique Economiques (LAPE), Domaine : Monnaie Banque Finance. Spécialité : Management des Risques et Incertitudes. Téléphone : +226 75062550; Email: abdoulsiry@gmail.com; Blog : www.prevision-bf.blog4ever.com/

 

Evolution contextuelle

L’année 2015 a été durement marquée par la baisse des cours des matières premières, notamment celui de l’or et du pétrole. L’évolution trimestrielle du cours de l’or indique une baisse consécutive sur les quatre trimestres de l’année 2015.

  • 1er trimestre 2015, le cours de l’or a baissé (-5,85 %) ;
  • 2ème trimestre 2015, le cours de l’or a baissé (-1,37 %) ;
  • 3ème trimestre 2015, le cours de l’or a baissé (-0,49%) ;
  • 4ème trimestre 2015, le cours de l’or a baissé (-7,85%)

Ainsi, la plus forte baisse du cours de l’or atteignant un minimum de 1049,3 dollar US l’once vient d’être enregistrée au dernier trimestre de 2015.

 

Le cours du pétrole, quant à lui, a subi un choc durant le deuxième semestre de 2014 (graphique ci-dessous). En effet le cours a chuté de 54,90 % passant de 105,22 dollars US le baril en juillet 2014 à 47,45  dollars US en janvier 2015.

Après une légère reprise au cours du premier semestre de 2015 (+29,19 %), le cours du pétrole a chuté de nouveau durant le dernier semestre de 2015 (-32,94 %). Depuis fin décembre 2015, le cours du pétrole reste en dessous du seuil de 40 dollars US le baril.

 

EVOLUTION_COURS_PETROLE.png

 

Pourquoi les cours des matières premières chutent ?

L’appréciation du dollar américain face aux autres devises, du fait des spéculations sur une hausse probable des taux d’intérêt directeurs américains, pénalise fortement les cours des matières premières libellés pour la plupart en dollar US. Effectivement, en mi-décembre 2015, la Banque Centrale Américaine a relevé son principal taux d’intérêt de 0,25 %.

 

Ce comportement de la Banque Centrale accroît l’appétit des investisseurs pour les emprunts d’Etat américains et les amène à se défaire de l’or et autres matières premières devenues des actifs. Et ce sont les investisseurs chinois qui mènent le jeu.

 

L’effondrement du cours du pétrole tient pour deux principales raisons. Il s’agit, d’abord, de l’innovation et du développement des énergies renouvelables telles que l’énergie solaire incorporée de plus en plus dans le système de fonctionnement de nombreux appareils. La consommation en énergie fossile s’en trouve considérablement réduite. Les lampes à incandescence qui étaient largement utilisées par les ménages surtout en milieu rural ont laissé la place, aujourd’hui, aux lampes solaires et électriques. Ensuite, de nouvelles réserves de pétrole et de gaz ont été découvertes. Donc, l’offre s’accroît et la demande se rétrécit au plan mondial.

 

Prévisions

Au premier trimestre 2016, la tendance du cours de l’or est à la hausse. En moyenne, le cours a été de 1091,36 dollar US l’once en janvier 2016. Il pourrait résister autour de 1200 dollars US durant le premier trimestre 2016. En référence à l’historique du cours de l’or depuis les années 1970 et en termes de lissage, l’or est dans une phase de stabilité depuis 2014. Cette phase est, certes, marquée par des fluctuations de court terme.

 

Au Burkina Faso, les sociétés minières sont relativement sensibles à l’évolution du cours de l’or. Au total, les prévisions de la production d’or—industrielle et artisanale soit 33 423,24 kg—en 2016 sont en baisse de 1,81 % par rapport à la production de 2015 (graphique ci-dessous). Ces prévisions à la baisse émanent uniquement des prévisions d’Essakane SA, la plus grande société minière au Burkina. Cette dernière prévoit baisser sa production—12 620,0 kg—en 2016 de 4,65 % par rapport à 2015. Les prévisions de production des huit autres sociétés minières restent égales aux prévisions de 2015, de même que la production artisanale.

 

PRODUCTION_D'OR_BURKINA.png

 

En somme, quatre[1] des neuf sociétés minières au Burkina semblent être optimistes car leurs prévisions de production pour l’année 2016, bien qu’inférieures ou égales à celles de 2015, sont supérieures aux prévisions des années antérieures. Les recettes minières en 2016 pourraient être supérieures à 168 milliards de F CFA dont plus de 73 milliards de recettes fiscales et plus de 60 milliards de recettes douanières en F CFA. Ces statistiques de référence sont issues de la Chambre des Mines du Burkina pour l’année 2014 qui a été une année de crise sociopolitique avec le saccage de certains sites aurifères.

 

L’avenir du pétrole dépend du dynamisme dans l’innovation et le développement des énergies renouvelables. Dans un tel contexte, le cours du pétrole resterait aussi longtemps bas que les chercheurs trouveront plus d’alternatives aux énergies fossiles. Cette véritable révolution en cours telle que prônée par l’économiste américain Jeremy RIFKIN pourrait mettre fin à l’ère du pétrole.

 

Pour télécharger l'article, cliquez ici


[1] Essakane SA, Société Minière de Taparko, Bissa Gold et STREMCO SA- Guiro



09/02/2016
3 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Politique & Société pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 64 autres membres