PREVISIONS

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L'INNOVATION COÛTE-T-ELLE AUX BANQUES EN AFRIQUE? RISQUES SYSTÉMIQUES ET RÉGLEMENTATION

 

S'il ya une question difficile à repondre c'est la question du coût réel de l'innovation que les banques supportent en Afrique. L'innovation permet aux banques de développer des produits innovants d'une part, d'autre part elles supportent des coûts liés à un changement structurel dans l'offre et la demande de monnaie. Les gains substantiels engendrés par l'innovation permettent-ils aux banques de compenser les pertes qu'elles subissent? Une règlementation est-elle nécessaire?

 

Les économistes ne manquent pas de s'exprimer sur les enjeux liés aux conséquence de l'innovation sur les banqes en Afrique.

 

« L’innovation, le risque systémique et la règlementation en Afrique », selon Ousseini Sow

 

Les innovations ont commencé déjà au niveau des moyens de paiements, avec une concurrence entre les banques et les sociétés de téléphonie. C’est du moins l’avis du banquier et consultant en banque et finance, juriste de banque, Ousseini Sow qui constate la menace qui pèse sur les sociétés financières africaine due au développement des technologies comme les nouveaux moyens de paiements et autre risque systémique. Répondant aux questions de nos confrères d’ecodafrik.com, M. Sow indique la voix à suivre pour faire face à cette situation.

 

« L’innovation, le risque systémique et la règlementation en Afrique » Que révèle très concrètement ce thème ?

Quelles sont les innovations dans la banque africaine ? Quelles en sont les conséquences ? C’est à questions que réponds ce thème. Les innovations ont commencé déjà au niveau des moyens de paiements, avec une concurrence entre les banques et les sociétés de téléphonie. Une concurrence qui est difficile et qui va pousser les banques à voir dans quelles mesures elles peuvent participer à cette concurrence sans grands dommages. Sur le plan technique se sont pour l’heure les sociétés de téléphonies qui sont maître du jeu. Les banques doivent donc résolument se tourner vers la digitalisation, par ce que c’est une demande de la clientèle maintenant. Ce qui veut dire que l’on est obligé de suivre le client et chercher à résoudre ses problèmes.

 

Il y a-t-il justement des textes règlementant cette concurrence ?

Au départ, les sociétés de téléphonie mobiles qui exerçaient dans les moyens de paiement, devaient être adossées à une banque. Le règlement a changé. Et maintenant elles peuvent le faire seules sans passer par une banque. Ce, sous le prétexte de l’inclusion financière. Effectivement il y a une inclusion financière qui était recherchée mais en même temps, c’est une mise en garde contre les banques de faire attention par ce que la concurrence peut être très difficile.

 

Mais quelles sont les pistes de solutions existantes pour les banques ?

La première c’est que les banques doivent s’entendre sur une stratégie. Dispersées elles ne peuvent pas le faire. Elles doivent s’entendre dans ce sens. Et deuxièmement elles doivent voir dans quelles mesures elles peuvent trouver des dispositions pour parer à ses difficultés.

 

Toujours en matière de règlementation il y a de nouvel dispositif Bale II et Bale III qui sont en vigueur depuis janvier 2018. Il nous semble que les dirigeants de banques sont départagés. Qu’en est-il ?

Mon appréciation est celle d’un non connaisseur de Bale II, Bale III. Mais je crois savoir qu’ils ont leurs partisans et ils ont aussi leurs détracteurs. Chacun critique, mais lorsque la règlementation est prise par la banque centrale, les banques seront obligées de l’appliquer.

 

Quels défis pour la banque de demain ?       

Il y a aujourd’hui un autre défi de la banque africaine qui est le défi de financement. Nous avons besoin de financement pour nos entreprises mais il se trouve paradoxalement que les entreprises pour la plupart sont informelles donc pour la banque il s’agit de difficultés à financer des choses qu’on ne connait pas. La préoccupation que l’on devrait avoir c’est de faire en sorte que ce qui est informel, migre dans le formel pour que justement les banquiers puissent intervenir en leur faveur. Il y a des politiques qui ont été mises en place pour assurer cette migration, mais jusqu’à présent on manque de résultats probants.

 

Source de l'interview:  ecodafrik.com

 

 

 



13/02/2018
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