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POLITIQUES ECONOMIQUES


UNE FENÊTRE D'OPPORTUNITÉS AU COURS DE LA PROCHAINE DÉCENNIE AU BURKINA FASO : COMMENT EN PROFITER ?

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La première édition des assises nationales des jeunes économistes du Burkina Faso, du 20 au 21 novembre à Ouagadougou, a contribué à relever les « défis économiques du renouveau démocratique au Burkina Faso » et la « contribution attendue de la jeunesse à l’agenda post-transition ». Ces assises ont mobilisé des jeunes et seniors du monde académique et professionnel représentant des organisations de jeunesse, des directions techniques des administrations publiques, parapubliques et des institutions sous-régionales et internationales, des associations sœurs venant du Mali, du Niger et de la Guinée Bissau, des représentants de partis politiques, des activistes de la société civile, des chercheurs, et étudiants. En tout, plus de 200 personnes ont pris part à ces assises.

 

La fenêtre d’opportunités ou le dividende démographique qu’est-ce que c’est?

La jeunesse est à la fois une contrainte et une opportunité pour le développement économique d’un pays. Lors du premier panel des assises, pendant que la banque mondiale s’interroge sur la qualité des emplois créés pour les jeunes, Dr J. F. Kobiané de l’Institut Supérieur des Sciences de la Population (ISSP) présente le dividende démographique comme une chaîne d’étape :

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Mais cette chaîne d’étape n’est pas linéaire mais se tient dans une approche holistique du développement :

DD_APPROCHE_HOLISTIQUE.png

La question fondamentale qui se pose et dont la réponse n’est pas évidente, est la suivante : où faut-il actionner la chaîne pour bénéficier de la fenêtre d’opportunités (dividende démographique) ?

 

En tout état de cause, le Burkina pourrait faire face à une fenêtre d’opportunités au cours de la décennie à venir (voir figure ci-dessous).

DD_FENETRE_D'OPPORTUNITES.png

Comment et que faire ?

Au cœur de la chaine d’étape présentée ci-dessus, l’éducation et la formation apparaît comme le levier pour actionner l’ensemble de la chaîne. L’enseignement général au secondaire et au supérieur constitue un goulot d’étranglement au Burkina Faso en termes d’emploi. Les plus forts taux de chômage sont enregistrés au supérieur (20,51 %) et au secondaire dans l’enseignement général (10,45 % pour le second cycle et 9.79 % pour le premier cycle), selon l’Enquête Intégrale sur les Conditions de Vie des Ménages de 2009.

 

Des études scientifiques corroborent ce paradoxe de l’éducation burkinabé. A travers une analyse en correspondance multiple et économétrique, Oumarou ZALLE montre que dans l’enseignement général au Burkina Faso, le chômage croît avec l’accroissement du niveau de formation.

 

L’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE), malgré les programmes, projets et fonds en cours, ne cesse de faire des propositions :

  • La prise en compte de l’emploi comme une priorité transversale dans la SCADD ;
  • La fusion des fonds de promotion de l’emploi et l’adoption d’un mécanisme de suivi-évaluation ;
  • Le renforcement de la coordination entre les différents acteurs du secteur de l’emploi, de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle ;
  • Le renforcement du dispositif institutionnel de mise en œuvre des différentes politiques visant la promotion de l’emploi ;
  • L’accroissement et l’amélioration de l’offre de formation professionnelle afin de l’adapter aux réalités de l’économie nationale ;
  • La création d’unités industrielles pour les opérateurs économiques

 

Des reformes en cours au Burkina Faso, une chance pour tirer profit de la fenêtre d’opportunités.

Le Conseil National de la Transition (CNT) a entrepris de vastes reformes après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. La SCADD qui demeure le référentiel en matière d’orientation des politiques publiques est à l’heure du bilan et des reformes.

En termes de bilan, l’accélération de la croissance n’a pas été effective. Le taux de croissance annuel moyen sur la période 2011-2014 a été de 5,92 % sur 10 % visé sur la période 2011-2015.

 

Au regard des acquis et insuffisances, l’élaboration d’un second cycle de la SCADD est en cours pour la période 2016-2020 et devrait être adopté d’ici à mars 2016. Il y a, donc, une chance pour prendre en compte les préoccupations urgentes relatives au dividende démographique dans les politiques publiques de développement.

 

Les orientations en matière de politique éducative devront renforcer les secteurs éducatifs qui ont fait leurs preuves dans l’emploi des jeunes à savoir les formations techniques et professionnelles. Certes, les orientations claires et précises devront être prises pour s’attaquer au chômage des jeunes issus de l’enseignement secondaire et supérieur. Tous s’accordent à dire que le système éducatif burkinabé doit être repensé. Et, parmi les reformes en cours issues de la Commission de la Réconciliation Nationale et des Reformes (CRNR), un fonds d’investissement pour les universités doit être créé.

 

Le secteur informel, privé n’est pas en reste dans cette dynamique de reformes. Des reformes, des programmes et projet visant à rendre ce secteur plus complétif et de plus en plus formel sont en cours. Par exemple, la création d’un modèle énergétique soutenable soutenu par un fonds d’investissement dédié à l’énergie et financé par  15 % des recettes minières pourra améliorer la compétitivité des entreprises. En plus le développement de la méso-finance  à l’endroit des Petites et Moyennes Entreprises (PME) est prôné dans les reformes de la CRNR.

 

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Abdoulaye SIRY

Les prévisions

 


26/11/2015
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LA RÉSILIENCE DES BANQUES AUX CRISES SOCIOPOLITIQUES AU BURKINA FASO


Résilience des Banques  aux Crises  Sociopolitiques au Burkina Faso

 

Abdoulaye SIRY[1]

[1] Doctorant à l’Université Ouaga II, Laboratoire d’Analyse et de Politique Economiques (LAPE), Spécialiste en management des risques et incertitudes. Email : abdoulsiry@gmail.com Blog : www.prevision-bf.blog4ever.com/

Juin 2015

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Résumé

Les banques ont, relativement, pu résister aux crises sociaux politiques récentes intervenues au Burkina Faso, au regard de l’évolution de certains indicateurs de vulnérabilité et de risque. La qualité du portefeuille de crédit bancaire s’est améliorée. Néanmoins, le système bancaire burkinabé fait face à un risque de liquidité  qui tend à s’amenuiser. Le concours des banques aux entreprises privées est resté soutenu et elles ont davantage pris des risques en finançant de plus en plus les prêts de long terme. Cette résilience des banques peut être liée à l’efficacité de la politique monétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

 

Actualité

L’économie burkinabé a été soumise à un ensemble de chocs exogènes  tels que l’insurrection populaires des 30 et 31 octobre 2014 suivie de violences civiles et pillages et des changements profonds dans l’échiquier politique du pays (FREE Afrik, 2014). L’indice synthétique de conjoncture du Burkina est passé de 2.5 points en 2013 à 1 point en 2014, selon les statistiques de la BCEAO. Cet indicateur résulte d'une synthèse algébrique des indicateurs sectoriels de l'activité économique déterminés à partir des soldes d'opinion des chefs d'entreprises. En particulier, le secteur bancaire burkinabé a été marqué par ces récentes crises sociopolitiques. Selon l’Institut FREE Afrik, le secteur bancaire et financier aurait perdu, environ, deux (02) milliards de FCFA.

Mais, en termes de perte, ces estimations sont à relativiser car une bonne partie de cet argent « même volé » pourrait revenir au système financier sous forme de dépôts. On peut, donc, se demander si les banques ont résisté à ces chocs exogènes récents au Burkina Faso. Les crises sociopolitiques récentes ont-elles influencé les risques de liquidité et de crédit dans le système bancaire du Burkina?

Les risques de liquidité et de crédit sont, entre autres, les principaux risques auxquels les banques sont confrontées. Les banques ont pour fonction principale de transformer des passifs-dépôts liquides en actifs illiquides comme des prêts, ce qui les rend foncièrement vulnérables au risque de liquidité (Armstrong et Caldwell, 2008). En principe,  « une 

insuffisance de liquidité peut tuer une banque rapidement, tandis qu'un excès de liquidité peut la tuer lentement ».

 

Des indicateurs de vulnérabilité du système bancaire

Il existe différents types d’indicateurs de risque. Relevons, principalement, quatre indicateurs, à savoir le ratio créances en souffrance sur prêts totaux, le ratio des prêts sur les dépôts, le ratio capital sur actif total et le ratio crédit de court terme sur actif total des banques. L’évolution de ces quatre (04) indices de vulnérabilité, sur la période allant de décembre 2002 à février 2015, est indiquée dans les graphiques ci-dessous.

INDICATEURS_DE_RISQUES_BANCAIRES.png

Pour suivre les commentaires de ces indicateurs cliquez ici.

 

Des moyens de gestion des risques bancaires

Les moyens de gestion des risques bancaires sont assez multiples, allant des plus simples au plus complexes. La politique monétaire de la banque centrale (BCEAO) est l’un des moyens traditionnels. La BCEAO est considérée comme un prêteur en  dernier ressort aux banques. Les graphiques 5 et 6 montrent que le système bancaire burkinabé a, récemment, eu recours au soutien de la BCEAO et du trésor public. Le crédit de la BCEAO aux banques a augmenté de 7.67 % en 2013 et de 4.89 % en 2014 en moyenne. Au dernier semestre, il s’est accru de 5.04 % en moyenne. Cela pourrait parer aux risques de liquidité dont les banques font face. Le concours du trésor aux banques a été important en 2013 (accroissement de 4.30 % en moyenne). En 2014, il s’est faiblement accru soit 0.28 % et a même baissé de 3.42 % en moyenne ce dernier semestre.

La diversification du portefeuille de crédit, la demande de garanties de grande qualité, la communication financière et la gestion du hors bilan sont d’autres moyens qui peuvent permettre de gérer efficacement les risques bancaires.

GESTIONS_RISQUES_BANCAIRES.png

A défaut de l’information sur la dynamique du secteur réel (entreprises et ménages essentiellement), les prévisions des dépôts de ces derniers permettent aux banques d’ajuster leur portefeuille de crédit. Une baisse des dépôts peut être un signal d’une « mauvaise santé » des entreprises. Ce dernier semestre, les dépôts des entreprises et particuliers ont augmenté de 1.14 % alors que ceux de l’Etat ont baissé de 3.42 % en moyenne. Dirait-on que les entreprises privées se portent mieux que l’Etat ? Peut-être !


18/07/2015
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Franc CFA: S'ACHEMINE-T-ON VERS LE SCÉNARIO DE REFORME?

 

Des sources d'Africanews

 

Les réformes du franc CFA selon Rachida Dati, eurodéputée

 

Le franc CFA a-t-il toujours sa place sur le continent, dans sa forme actuelle ? Le débat est loin de s‘être estompé avec la nouvelle vague d’afro-optimisme qui souffle sur le continent. Dans les colonnes de La Tribune Afrique à qui elle accordait un entretien, la députée européenne Rachida Dati – élu au Parlement européen sous la bannière du Groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens) a apporté sa part de réflexion sur le maintien ou non du franc CFA en Afrique.

 

De “réels changements”, c’est bien cela que propose l’eurodéputée pour aboutir à un consensus autour du franc CFA. Pour Rachida Dati, en effet, ces réformes s’articulent autour de deux points fondamentaux qui devraient permettre d’en finir avec “le débat idéologique” que suscite cette monnaie commune à plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Mais également, en faire une monnaie autonome pour ces pays.

 

“Tout d’abord, l’impression du Franc CFA doit quitter la France et cette monnaie changer de nom afin de clore ce débat idéologique qui nuit aussi bien à l’Afrique qu‘à la France”, explique-t-elle à La Tribune Afrique. Autre piste de réforme, il faudrait également penser à la fin de la parité fixe du franc CFA avec l’euro, a-t-elle ajouté.

Des ébauches de solutions certes “nécessaires”, mais qui devraient être menées en douceur pour “éviter toute perte de stabilité”, conclut-elle sur la question.

 

En dépit des nombreuses controverses soulevées sur la nécessité d’utiliser le franc CFA, qualifié de monnaie “coloniale” par ses détracteurs, les chefs d’Etat des pays concernés ont tenu un discours unanime : s’arrimer au franc CFA pour conserver la stabilité monétaire.

 

Source: africanews

 

Les opinions des chercheurs, notamment des économistes sur le sujet du Franc CFA sont assez claires.

Abdoulaye Sry, économiste - chercheur, doctorant au Laboratoire d’analyse de politiques économiques. (DR)

 

Décrochage du F CFA «La question n’est plus pour ou contre»

 

Le débat sur le F CFA est reparti de plus belle. Cette fois, sous forme d’une campagne à travers le continent. La plupart des capitales africaines qui partagent cette monnaie commune ont abrité des conférences publiques sur l’épineuse question du maintien ou pas du F CFA et de sa liaison avec la Trésor français. A Ouagadougou, c’est le CAR (Citoyens africains pour la renaissance) qui a piloté cette manifestation contre le F CFA. Abdoulaye Siry, économiste – chercheur à l’université Ouaga 2 et doctorant au Laboratoire d’analyse de politiques économiques, était l’animateur de la conférence. Il revient sur la problématique du décrochage et surtout les conditions dans lesquelles il pourrait s’opérer.

 

– L’Economiste du Faso : Quel était l’objectif de cette conférence ?

Abdoulaye Siry, économiste: J’ai été sollicité par le mouvement CAR pour donner une conférence pour éclairer l’opinion publique sur le F CFA et le développement. Cette conférence se tenait concomitamment dans d’autres pays sur le continent. La question c’est de savoir si on se sépare ou non du F CFA. Il ne s’agissait pas de dire qu’on est pour ou contre le F CFA, nous sommes des chercheurs et nous nous devons de problématiser.

Les économistes problématisent la question: est-ce la fixité du taux de change avec l’Euro qui pénalise le développement de nos économies où est-ce qu’il faut rompre pour espérer avoir des impacts directs? Il y a plusieurs positions sur le sujet au niveau des chercheurs. Il y a aussi la population qui prend de plus en plus conscience, les ONG et la société civile aussi se sont saisies de la question, car elles ont compris que le Franc peut être un outil de développement et critiquent la gestion de la BCEAO. Ses détracteurs estiment que la Banque, actuellement, ne s’occupe pas de développement, elle s’occupe plutôt de lutter contre l’inflation, la stabilité des prix… Les questions de développement ne l’intéressent pas. D’où l’interrogation: est-ce un problème de gestion ? Faut-il rompre les liens avec la métropole, dévaluer, pour ceux qui pensent que le CFA est surévalué, tendre vers une nouvelle monnaie et avec quel régime de change ?

 

– Des chefs d’Etat commencent à joindre leurs voix à la thèse du décrochage?

Oui, les politiques commencent également à s’intéresser au débat, notamment Idriss Deby du Tchad qui appelle à réviser les accords de coopération monétaire. Voilà en gros la problématique. On réfléchit sur la souveraineté monétaire, l’indépendance monétaire et financière, avec toujours en filigrane est-ce que cela aura les effets escomptés sur le développement ?

 

– Du point de vue des chercheurs, quelle en est la réponse?

A l’expérience, on peut répondre par oui et par non. Un pays comme la Guinée bat sa monnaie, mais n’est pas le meilleur en matière de développement malgré ses richesses, et un pays comme le Ghana réussit plus ou moins à se maintenir avec la rigueur qu’on reconnait aux anglophones. On a tendance alors à dire que tout se résume à la question de gestion, en un mot, de gouvernance. L’exemple des réserves de change est illustratif. La marge actuelle est de 50%, mais les gestionnaires ont souvent réussi des taux de couverture qui vont au-delà.

 

– Quelles sont les alternatives qui se présentent, parce que la pression se fait forte de la part des «anti CFA» ?

Au regard des mouvements en cours, la révision des accords de coopération monétaire et financière est, me semble-t-il, un passage obligé, comme en 1973 qui a vu le transfert du siège de la BCEAO à Dakar au Sénégal. Le F CFA demeurera dans ce cas.

La dévaluation aussi n’est pas exclue. Mais par définition, personne ne peut dire quand. Les échéances d’une dévaluation, en principe, ne doivent pas être divulguées, sinon que la dévaluation n’aura pas les effets escomptés. L’autre scénario est d’aller directement à la monnaie commune de la CEDEAO avec l’ECO. Le problème qu’il faudra gérer parallèlement, c’est de voir comment les Etats de l’Afrique centrale qui ont en partage le F CFA (Franc de la Coopération Financière d’Afrique) vont s’organiser, n’étant pas de cette zone économique.

 

– Les antis FCFA comptent sur le rapatriement des réserves extérieures pour booster le développement. Est-ce la solution à nos problèmes ?

Le rapatriement des fonds qui constituent la réserve de la BCEAO au trésor de France est en débat. A-t-on un tissu de production assez étoffé pour absorber toute cette masse en cas de rapatriement pour les faire fructifier ? Le combat pour une monnaie africaine est noble. L’autre combat, c’est celui de la rigueur économique pour développer notre tissu économique. Nous avons confié notre argent au Trésor français, avec cette particularité que si on a besoin de cet argent, on n’en a pas accès. Ces réserves sont placées à un taux qui nous rapporte de l’argent certes, ce qui n’est pas le cas d’un banquier classique chez lequel on peut disposer et affecter nos ressources selon nos besoins.

Ces réserves sont en place pour servir de garanties pour nos échanges avec l’Europe et le reste du monde. Aujourd’hui, cela parait désuet parce qu’une bonne partie de nos échanges se fait de plus en plus avec l’Asie et de moins en moins avec l’Union européenne. Le principe de cette réserve qui sert de garantie n’est plus pertinent et pourrait être utile à autre chose. Notamment à financer notre propre développement. Mais il est certain que même rapatriées, une bonne partie des garanties devra être conservée en termes de devises étrangères pour assurer nos échanges avec le reste du monde. Les réserves obligatoires déposées par les deux banques centrales dans les comptes du Trésor français sont estimées à plus de 8.000 milliards de FCFA en 2015 ; soit pour l’UEMOA environ plus de 5.000 milliards et environ plus de 3.000 milliards pour l’Afrique centrale. Certains économistes pourraient avoir raison sur la gestion effective de cette réserve. On a par exemple l’économiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la prospective, qui juge urgent de revoir la parité fixe entre le F CFA et l’Euro parce qu’il freine le développement de l’Afrique. Il a publié en 2011 un ouvrage aux éditions Karthala sous le titre «Improvisation économique en Afrique de l’Ouest: Du coton au F CFA?» et un autre en collectif intitulé «Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le F CFA», paru dans les éditions La Dispute, où il dénonce l’attitude de la BCEAO. Il y a un autre livre collectif sur «Développement endogène de l’Afrique et mondialisation: une relecture de la pensée du professeur Joseph Ki-Zerbo», dont je suis co-auteur, dans lequel on réfléchit sur un nouveau modèle de développement qui s’appuie sur des circuits de production et de distribution solides.

 

Entretien réalisé par Abdoulaye TAO, L'économiste du Faso


Abdoulaye Siry, co-auteur

Abdoulaye SIRY est Co–auteur de l’ouvrage «Développement endogène de l’Afrique et mondialisation: une relecture de la pensée du professeur Joseph KI-Zerbo», sous la coordination des Pr Fernand Sanou et Pr Alain Joseph Sissao. Le livre est édité par la Presse Universitaire de Ouagadougou et la fondation Joseph KI-Zerbo. Il a  contribué ainsi qu’une soixantaine de chercheurs à travers l'article sur le : «Le financement du développement endogène en Afrique subsaharienne» pages 495 à 517.

 

Source: L'économiste du Faso

 

Web tv

 

 


02/11/2017
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ECONOMIE NATIONALE : « UNE BONNE ORIENTATION POUR LE BURKINA », SELON LA BCEAO ET L’ASSOCIATION PROFESSIONNELLE DES BANQUES ET ÉTABLISSEMENTS FINANCIERS DU BURKINA (APBEF-B)

L’évolution économique de l’Union monétaire ouest-africaine(UMOA), en particulier le Burkina Faso, et l’environnement juridique et bancaire concernant le financement de l’économie nationale burkinabè ont fait l’objet d’une concertation entre le directeur national de la BCEAO et les directeurs généraux des établissements financiers à travers l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Burkina (APBEF-B). C’était le jeudi 21 septembre 2017 au sein de l’agence principale de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Ouagadougou.

 

 

C’est la troisième rencontre du genre de l’année 2017 entre le premier responsable national de la BCEAO et les directeurs de banques et établissements financiers représentés au sein de l’APBEF-B. Cette concertation a encore permis à ces spécialistes de la banque et de la finance de procéder à une analyse et à une évaluation des différentes tendances économiques observables, d’échanger sur les réalités juridiques et les différentes perspectives concernant le financement de l’économie burkinabè.

 

Les indicateurs macroéconomiques sont en hausse

Des conclusions de ces experts, l’on note que l’activité économique au Burkina Faso ces trois derniers mois a été marquée par une progression de 7,2% du PIB en variation annuelle contre une hausse de 6,9% au trimestre précédent. « Pour l’ensemble de l’année 2017, le PIB enregistrerait une croissance de 6,9% contre 5,9% en 2016 » a mentionné la synthèse des conclusions produite par les spécialistes. Une synthèse qui instruit également que le taux d’inflation au Burkina Faso à la fin du mois de juin 2017 « s’est situé à -0,4% en glissement annuel contre -0,8% en juin 2016. »

 

Selon les explications du président de l’APBEF-B par ailleurs directeur général de Orabank, Martial Goeh-Akue, l’économie burkinabè est dans une bonne orientation car le taux de financement va crescendo. Quant au directeur national de la BCEAO, Charles Luanga Ki-Zerbo, il explique la bonne santé de l’économie nationale en tablant sur la production et les exportations. Et le cas du coton en est une bonne illustration selon lui : « On a observé quand même que les conditions générales sont bonnes avec de bonnes perspectives de croissance de la production. Les risques qui pouvaient être craints avec le retrait du coton génétiquement modifié sont maîtrisés. L’orientation des cours reste relativement favorable… »

Même son de cloche au niveau de l’Union. En effet, les conclusions ont permis d’y constater une croissance du PIB de l’ordre de 6,5% au deuxième trimestre 2017 « en lien principalement avec le dynamisme des secteurs tertiaire et secondaire. » Et en perspective, pour l’ensemble de l’année 2017, le PIB améliorerait de 6,9%, après 6,7% en 2016. Par rapport au taux d’inflation, il a été évalué à 0,4% dans les trois mois passés contre 0,8% au premier trimestre de l’année 2017.

 

Une activité bancaire dynamique et concluante

En analysant l’évolution du système bancaire et de la microfinance au premier semestre de l’année 2017, les participants à la concertation ont conclu de façon globale à une tendance positive des indicateurs des établissements de crédit. A ce sujet, l’on note « une progression du total bilan des banques et établissements financiers du Burkina de 3.932 milliards de FCFA au 30 juin 2016 à 4.807,8 milliards de FCFA au 30 juin 2017 conjugué à une amélioration de la qualité du portefeuille » selon les conclusions des experts. Une donne qui de l’avis du directeur de l’APBEF-B permet aux banques et aux établissements bancaires d’être au diapason du besoin de financement de l’économie nationale. A ce propos, il explique que les banques ont beaucoup plus d’agences, près de 300, preuve que « l’économie du Burkina progresse bien. Et les banques ont pris l’engagement d’aider cette économie. »

 

Les participants à la concertation d’expertise ont par ailleurs fait remarquer que « sur une base annuelle, les emplois bancaires ont enregistré une progression de 19,4% dont 58,9% pour les crédits et une hausse de 31,8% pour les titres de placement. Les ressources bancaires ont également progressé en variation annuelle de 20,9% dont 14,07% pour les dépôts. »

Les échanges des experts ont porté également sur des questions réglementaires et opérationnelles afin d’optimiser davantage le fonctionnement du marché interbancaire, la sécurité des systèmes et réseaux des établissements de crédit, la position extérieure des établissements de crédit et les aspects de reportings.

 

Par rapport aux questions liées au crédit, il y a eu une session du Conseil national du crédit (CNC) tenue le 14 septembre 2017 au cours de laquelle les spécialistes ont fait un passage en revue des actions récentes menées par la Banque Centrale en faveur de l’amélioration du financement des économies de l’Union. Information importance issue de cette session : le taux de financement des économies a progressé de 18,3% en 2010 à 28,9% en 2016 ; il y également une hausse du taux d’accès aux services financiers.

 

Source: lefaso.net

 

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23/09/2017
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LA BANQUE MONDIALE POUR LA PROMOTION DES INVESTISSEMENTS DANS LES INFRASTRUCTURES EN AFRIQUE

Selon le dernier rapport d’Africa’s Pulse, l’Afrique a enregistré un recul de près de 8 % en 2014 et de 0.6 % en 2015, dans la croissance des investissements.  Pour ce faire la promotion des investissements publics et privés, notamment dans les infrastructures demeure une priorité. Des recommandations de la Banque mondiale, il est urgent de mettre en œuvre les réformes visant à améliorer les institutions qui promeuvent la croissance du secteur privé,  à développer les marchés financiers internes et à améliorer les infrastructures.

Albert G. ZEUFACK, Economiste en chef de la Banque Mondiale pour la région Afrique

 

Ces recommandations se justifient dans un contexte où la croissance économique en Afrique subsaharienne, certes en cours de rebondissement en 2017 (prévisions de 2.6 %), est toujours « rongée » par la croissance démographique. En plus, l’environnement international est marqué par des risques associés au durcissement des conditions de financement sur les marchés mondiaux, à une amélioration « timide » des prix des matières premières et à la montée du protectionnisme.

 

Au niveau interne, l’inadéquation des réformes, l’accroissement des menaces sécuritaires ponctuées d’incertitudes politiques entravent le développement en Afrique. Par exemple, on note une inefficacité chronique dans le secteur des infrastructures : avec des dépenses bien inférieures au niveau prévu, des faiblesses dans la sélection, l’évaluation et le suivi des projets d’investissement.

 

Conférenciers en direct de Washington (visioconférence)

 

Même si les économies comme celles du Nigéria, de l’Afrique du Sud et de l’Angola sont en passe de renouer avec la croissance, après les péripéties de 2016, la plupart des économies exportatrices de pétrole restent confrontées à des difficultés économiques. Le cas de certains pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) est notoire. Le rapport estime que sept pays à savoir la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Kenya, le Mali, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie sont des économies plus résilientes avec une demande intérieure plus dynamique. Ces pays auraient des taux de croissance annuels supérieurs à 5.4 % entre 2015 et 2017. Les estimations pour la Côte d’Ivoire devront être revues à la baisse avec la chute actuelle des cours du cacao.

 

Participants de Ouagadougou en visioconférence

 

Les perspectives économiques pour l’Afrique sont assez bonnes, surtout pour les pays exportateurs de métaux précieux et les pays moins dépendant des matières premières. Pour Africa’s Pulse, la croissance globale devrait passer de 3.2 % en 2018 et à 3.5 % en 2019. Ces taux de croissance économique devraient être soutenus par les investissements notamment dans les infrastructures énergétiques, de transport, d’eau et d’assainissement. Des investissements dans ces secteurs pourraient permettre à l’Afrique de rattraper son retard par rapport au reste des pays en développement dans le domaine des infrastructures. Le boom dans le secteur des télécommunications est un exemple à suivre.

 

Par Abdoulaye SIRY

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Web TV

 


21/04/2017
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